Pourquoi j’ai quitté la France

Ce n’est pas facile à écrire. Parce que j’aime profondément la France. Je l’ai défendu pendant 12 ans en servant sous l’uniforme.

J’en aime la culture, la langue, l’humour, les paysages, la nourriture évidemment, l’histoire, la finesse des débats, les discussions de bistrot, les cafés en terrasse et les bouquinistes des quais de Seine.

Mais j’ai choisi de partir ?

Et non, je ne suis pas parti sur un coup de tête. Je ne suis pas parti parce que “j’en avais marre de la pluie” ou pour la fiscalité.

Je suis parti parce qu’à force d’accumuler, ça déborde. Et chez moi, ça a débordé

Le boulot, d’abord.

Je bossais tout le temps. Sans pause, sans recul, sans vraie respiration. Et plus je travaillais, plus j’avais l’impression que ce n’était jamais suffisant.

Les charges, les impôts, les normes, les échéances, les tracasseries administratives.

Tu veux grandir ? Tu veux réussir ? Tu veux embaucher ?

Prépare-toi à être culpabilisé, matraqué, jalousé. C’est usant. C’est injuste. Et surtout, ça te vide.

Et puis il y avait les enfants.

L’école devenait un sujet d’angoisse. Pas juste pour les notes. Pour tout !

Manque de respect, manque de discipline, absence d’autorité, peur des autres, peur du système.

L’impression de confier mes enfants à un truc qui ne tient plus debout, mais auquel il faudrait encore faire confiance.

Le coût de la vie devenait absurde.

Travailler toujours plus… pour avoir l’impression de vivre toujours moins.

Des courses qui explosent, des loyers étouffants, des vacances inaccessibles, des charges à n’en plus finir.

Et pendant ce temps, rien qui s’améliore vraiment. Ni les services publics. Ni les routes. Ni l’école. Ni la santé. Ni la sécurité.

Justement, parlons-en, de la sécurité.

Ou plutôt de l’insécurité croissante. La peur dans les transports. Les regards qu’on évite. Les zones où on ne va plus.

Les violences banalisées. Les incivilités devenues la norme. Et surtout, ce sentiment que tout le monde trouve ça “normal”, ou pire, inévitable.

Ce climat général…

Celui où l’ambiance nationale est pesante :

  • Où l’on ne débat plus, on s’insulte.
  • Où on n’a plus le droit d’être fier de réussir.
  • Où la moindre réussite est suspecte.
  • Où le mérite devient une gêne, et la critique une habitude.
  • Où la morosité a remplacé l’élan.

Et puis il y a ce chagrin silencieux.

Celui de voir un pays qu’on aime s’effondrer doucement. Pas brutalement, non. Lentement. Par abandon. Par fatigue. Par résignation.

Je regardais ma chère France se déliter sous mes yeux, et je n’arrivais plus à la défendre.

Pas parce que je ne l’aimais plus, mais parce que je ne m’y reconnaissais plus.

Alors j’ai ouvert une autre porte.

Et un jour, j’ai dit stop !

Pas contre la France

Pour moi. Pour mes enfants. Pour notre santé mentale. Pour le droit de respirer. Pour le droit de rêver encore un peu.

Et c’est comme ça que je suis parti. Le cœur lourd. Mais la tête haute. Et jamais un jour je ne regretterais ce choix.

Si toi aussi tu sens que ça déborde.

Si tu ressens tout ça, mais que tu ne sais pas encore comment réagir.

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